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C’est quoi une phobie ?

Par Elise

Rares sont les personnes qui n’ont peur de rien. Avouons-le… Il s’agit peut être des insectes, des serpents, ou bien du sang, des clowns, de l’avion, de l’eau, de l’orage, des collants, de prendre la parole en public, ou bien encore de vomir ?

Certains cas cités font peut-être sourire et pourtant il s’agit bien de peurs réelles. Au cours de notre existence, nous sommes tous capables de développer une peur vis-à-vis de n’importe quoi, même si cela semble incongru.

Est-ce que la phobie est une simple peur ?

Il faut bien différencier la peur de la phobie. En effet, il s’agit de deux états bien distincts.

La peur normale est un signal d’alerte que nous avons devant un réel danger ou une menace, celle-ci se calme rapidement une fois le danger passé.

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La phobie quant à elle est un véritable trouble anxiogène qui s’empare totalement de nous. Il ne s’agit pas d’une petite frayeur mais bien d’une peur exagérée alors que le contexte ne présente pourtant pas de caractère objectivement dangereux. Le retour au calme lors de phobie est très long. La phobie est donc une immense peur panique extrême, démesurée et irrationnelle qui se déclenche face à une dangerosité basse.

Il est possible de développer une phobie envers un objet, une créature ou une situation particulière. Chaque phobie porte un nom spécifique. Par exemple, la bélonéphobie qui est la phobie des aiguilles, l’arachnophobie qui est la phobie des araignées, ou la claustrophobie qui est la phobie d’être enfermé…

Mais comment distinguer une peur d’une phobie ?

Prenons l’exemple d’une personne qui a peur du vide. Celle-ci pourra traverser avec beaucoup de crainte un pont suspendu dans le but d’aller de l’autre coté alors que la personne acrophobe (phobie du vide) sera incapable d’emprunter le pont et refusera littéralement même sous la menace de le faire. Son comportement face au pont deviendra irrationnel et ses réactions seront excessives voire démesurées tellement sa crainte est immense. Inconsciemment elle pourrait même se mettre en réel danger rien que pour fuir.

La phobie est un état puissant qui s’empare de notre être, on perd toute notion de raison, nos réactions sont plus qu’excessives. Nous devons faire face au désarroi et à l’incompréhension de notre entourage compte tenu que lui n’a pas la même interaction vis-à-vis de la même situation. Bien qu’à froid nous sommes bien conscient que cette peur ne soit pas rationnelle, quand nous nous retrouvons face à ce qui nous effraie on devient totalement incontrôlable.

La crise peut se déclencher à la simple vue ou pensée de notre phobie mais là où elle sera la plus intense c’est quand nous sommes dans la situation tant redoutée. Il faut imaginer que cette peur est comme un interrupteur, alors dés qu’il s’enclenche nous ne sommes plus mettre de nos réactions et le processus s’est mis en route.

L’interaction dans notre cerveau sera différente s’il s’agit d’une peur ou bien d’une phobie. Pour mieux comprendre, penchons nous sur le fonctionnement de ce super organe qu’est notre cerveau.

Grace aux travaux de la neuroscience, on sait que notre cerveau est divisé en 3 parties :

  • Le cerveau « reptilien » qui se situe à l’arrière de notre boite crânienne au dessus de la moelle épinière. Il s’agit de notre cerveau primitif aussi appelé cerveau instinctif qui a pour mission d’assurer notre survie en préservant notre sécurité. Il n’a qu’une mémoire sur le court terme car son but est de nous écarter du danger pas de réfléchir, et d’assurer que nous subvenons à nos besoins vitaux tel que manger, boire, respirer…
  • Le cerveau « limbique » situé au dessus du cerveau reptilien entre les hémisphères cérébraux. Il s’agit de notre cerveau émotif qui mémorise parfois à notre insu toutes nos émotions vis-à-vis de notre vécu en les classant soit en plaisir soit en souffrance. Il constitue notre mémoire profonde qui influence notre façon d’être en formant nos croyances, nos jugements de valeur suite à nos expériences antérieures. Il n’a pas de logique, son objectif est de gérer notre affectivité afin d’attirer ce qui est agréable pour nous et de repousser ce qui rappelle un blocage ou une souffrance.
  • Le cerveau « cortex » ou « néocortex » se situe au dessus des cerveaux reptilien et limbique, il comprend l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche il représente la plus grande partie du cerveau. Egalement appelé cerveau cognitif, c’est la dimension dite intelligente de notre cerveau, car c’est grâce à elle que va se développer nos connaissances, le langage, l’imagination, la logique, la créativité, les passions, la conscience, nos pensées et nos raisonnements. Mais c’est aussi lui qui canalise et influence les automatismes de nos cerveaux reptiliens et limbiques afin d’avoir une réaction maîtrisée et rationnelle au lieu de réagir par instinct ou par émotion. Tel un chef d’équipe, il analyse et maîtrise la situation grâce aux données transmises par les deux autres cerveaux pour avoir la bonne réaction.
source : yournbrain.fr

Nos 3 cerveaux communiquent donc tout le temps ensemble, et l’information passe du cerveau Reptilien (inconscient) au Limbique (inconscient) pour arriver au Cortex (conscient).

Ainsi quand on a peur, il s’agit de la réaction de notre Cortex face à une situation dangereuse qui nous fait réagir afin de nous mettre en sécurité suite à l’alerte de notre cerveau Reptilien. Le Cortex a traité l’information et a modulé la volonté du cerveau Reptilien afin de prendre toutes les mesures pour nous écarter du danger lié à la situation au lieu d’agir instinctivement sans réfléchir. Dés que l’insécurité est passée nous revenons à notre état normal.

Cependant, il arrive que le Cortex ne fonctionne plus correctement quand il rencontre un fort stress par exemple. Dans ce cas, les deux autres cerveaux peuvent affecter nos réactions :

  • Si c’est notre cerveau Reptilien qui prend le dessus, nous devenons une personne sans émotions qui n’agit que par instinct de survie individuelle.
  • Si par contre c’est notre cerveau Limbique qui domine, nos actions perdent tout sens et nous réagissons uniquement avec nos émotions sans aucune logique.

C’est ce qui se passe en nous en cas de crise de phobie, en quelques millièmes de seconde notre Cortex est assailli par toutes les alertes urgentes provenant des cerveaux Reptilien et Limbique. Le Limbique remémore une émotion de souffrance intense qu’il compare à un risque de danger mortel auquel notre cerveau Reptilien réagit lui aussi fortement pour nous en protéger. Notre cerveau Cortex est sous pression à cause des deux autres cerveaux, ce qui ne lui permet plus de répondre de manière réfléchie, il n’est plus en capacité de prendre des décisions, et n’arrive plus à réagir.

Pour faire simple, tout notre cerveau est en état d’alerte et le Cortex est indécis, il n’arrive plus à réagir. Notre partie consciente du cerveau est chamboulée, la partie inconsciente de notre cerveau prend le contrôle. La phobie provient donc d’une immense peur mortelle, inconsciente, ancrée en nous qui affecte nos réactions.

Concrètement que se passe t-il au moment de la crise ?

Nos actions sont dictées par nos cerveaux Reptilien et Limbique. Nous adoptons des comportements spontanés, irraisonnables et incohérents pour les personnes qui sont autour de nous.

Tout d’abord nous avons tout de suite une réaction excessive de recul, il s’agit de la première phase : la fuite.

Puis nous ressentons brutalement une profonde angoisse qui s’installe en nous, pouvant donner des vertiges, faire transpirer, accélérer notre rythme cardiaque ou modifier notre respiration. C’est notre corps qui se met en alerte prêt à combattre si nécessaire le danger. Il s’agit de la deuxième phase : la défense.

Ensuite, nous sommes incapable de réagir, de parler. Nous sommes totalement pétrifié par notre peur. Il s’agit de la troisième phase la paralysie.

Même éloigné du stimulus de notre phobie, il nous faut du temps pour retrouver notre calme. Nos émotions étaient intenses car elles n’ont pas pu être canalisées par notre Cortex comme il le fait en cas de simple peur. Une fois la crise passée, le Cortex reprend les commandes, c’est ainsi que nous reprenons conscience de l’irrationalité de notre comportement.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les personnes atteintes de phobie recherchent de manière obsessionnelle des moyens d’éviter de se trouver face à leur plus grande crainte tant elles souffrent de cet état. C’est ce qui peut faire adopter des habitudes, des actions totalement incohérentes voire stupides pour leur entourage mais dont les phobiques ont besoin pour se rassurer.

Comment la phobie se créée ?

La naissance d’une phobie diffère d’une personne à une autre en fonction de sa cause initiale :

  • Elle peut être transmise dés notre enfance par l’un de nos parents qui souffraient de la même phobie.
  • Elle peut être liée à une peur culturelle envers une situation, un objet, un être qui représente une énorme menace faisant se développer une grande crainte pour s’en protéger et survivre pour les générations futures.
  • Elle peut être créée lors de notre vie prénatale, à la suite d’un événement qui aura marqué notre mémoire intra-utérine subsistant après notre naissance sans en avoir conscience.
  • Elle peut apparaître lors d’un conflit psychique inconscient et non résolu vis-à-vis d’une situation ou d’un traumatisme vécu.

La phobie peut donc avoir différentes origines, mais chaque phobie est le produit d’un événement traumatique qui va encoder cette peur en nous. C’est ainsi qu’à chaque rencontre avec cet élément déclencheur, le code se met en route et nous nous retrouvons en état de peur démesurée.

Est-ce que l’on peut se débarrasser d’une phobie ?

Fort heureusement, on peut diminuer et même se libérer de ses phobies.

Il n’est pas nécessaire de trouver forcément l’origine de la phobie, bien qu’en fonction de certaines méthodes des souvenirs peuvent refaire surface.

Il existe plusieurs solutions pour se défaire de phobies :

  • Suivre une psychanalyse afin de comprendre pourquoi cette phobie c’est développer en soi et travailler sur sa cause afin de s’en débarrasser.
  • Avoir recours à l’hypnose thérapeutique qui met dans un état de pleine conscience afin d’entrer en contact avec l’inconscient pour le reconfigurer.
  • S’auto-soigner grâce à la méthode NERTI qui est le Nettoyage Emotionnel Rapide des Traumatismes Inconscients.
  • Avoir recours à une thérapie comportementale et cognitive (TCC), qui est une thérapie brève visant à expérimenter de nouveaux comportements et à comprendre le résultat de la pensée négative sur son psychisme pour la modifier.
  • Faire une thérapie EMDR signifiant Eye Movement Desensitization and Reprocessing. C’est-à-dire, désensibilisation et reprogrammation par les mouvements oculaires. Il est demandé de s’imprégner de ce qui se passe en soi au moment d’une crise afin de revivre ces sensations désagréables dans le but de les effacer et de les remplacer par des pensées positives afin de se sentir apaisé.
  • Faire de la méditation ou des exercices de relaxation afin d’être à l’écoute de son corps, de ses sensations, de ses émotions, de lâcher prise et d’apprendre à retrouver son calme. Avec de l’expérience il est possible de se recentrer dans l’instant présent en cas d’angoisses mais également revivre intérieurement une crise phobique passée. Le but étant de se détacher de cette peur afin de la rendre moins dangereuse et permettre de la dompter et de diminuer progressivement son intensité.
  • Suivre des stages visant à se confronter à sa phobie pour s’en défaire.
  • Suivre une thérapie virtuelle qui consiste à se confronter à sa peur grâce à un casque spécifique qui reproduit virtuellement la situation phobique. Au fur et à mesure des séances la scène virtuelle va s’accentuer afin d’arriver à affronter sans aucune gêne sa peur.

Bien que de nombreuses personnes ne souhaitent toujours pas en entendre parler, il est temps d’admettre que notre inconscient prend une très grande place dans notre comportement.

Alors que nous pensons avoir conscience de tout ce que nous faisons, de chacune de nos décisions ou réactions, même si nous voulons encore l’ignorer notre inconscient peut intervenir à tout instant sans même que nous nous en apercevons.

A lui seul, il peut faire de notre vie une souffrance. Ne lui jetons pas la pierre, ce n’est pas volontaire bien au contraire car notre inconscient ne cherche que notre bonheur. Remercions le pour sa protection mais sachons le réorienter s’il agit involontairement à l’encontre de notre bien être. Personne ne doit souffrir d’une phobie.

Il faut savoir reprendre les choses en main pour retrouver la plénitude dans sa vie.

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